18.06.2020

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Comment faire face à l’obsolescence des compétences ?

L’obsolescence des compétences est malheureusement le corollaire du progrès technologique. Si l’essor de ces nouvelles technologies offre de belles perspectives, il s’accompagne aussi de doutes tant il est difficile de deviner l’évolution de nos métiers. L’anticipation reste-t-elle le seul levier pour faire face à l’obsolescence des compétences ?

 

 

Reconnaître les différents types d’obsolescence des compétences

 

L’obsolescence des compétences se définit par un manque de savoirs ou de compétences actualisés qui empêche un travailleur de réaliser son activité professionnelle de manière performante. On distingue quatre types d’obsolescence des compétences :

 

→ L’obsolescence physique des compétences : elle est liée à la détérioration des aptitudes physiques ou cognitives d’un travailleur;

 

→ l’obsolescence économique des compétences : il s’agit de l’inutilité ou de la perte d’importance des compétences précédemment utilisées dans un emploi;

 

→ L’obsolescence perspectiviste : elle intervient lorsque les croyances et les perceptions du travail et de l’environnement de travail sont obsolètes;

 

→ l’oubli organisationnel : il s’agit d’une perte de compétences spécifiques à une entreprise liée à la rotation du personnel.

 

 

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« Selon le CEDEFOP, l’obsolescence des compétences toucherait 31 % des travailleurs âgés de 50 à 55 ans contre 21 % des 30-39 ans. »

Quels sont les profils les plus touchés par l’obsolescence des compétences ?

 

Au fur et à mesure qu’un collaborateur avance dans sa carrière, il est normal que certaines compétences ne soient plus utiles. Mais l’obsolescence des compétences a connu un tournant majeur avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information.

 

Les travailleurs peu qualifiés et les seniors

 

Les métiers deviennent de plus en plus exigeants, les postes plus complexes, et cette tendance risque de s’accélérer dans les prochaines années. Les travailleurs les moins qualifiés, les seniors, et tous ceux qui n’ont pas les moyens de développer leurs compétences, comme les chômeurs, sont les plus touchés par l’obsolescence des compétences. Selon le rapport du Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (CEDEFOP), le phénomène toucherait 31 % des travailleurs âgés de 50 à 55 ans contre 21 % des 30-39 ans. Alors que les métiers à forte intensité technologique se développent depuis plusieurs années, les travailleurs seniors tout comme les travailleurs les moins qualifiés n’auront pas forcément la possibilité de rattraper leur retard et de se mettre à jour en ce qui concerne les nouvelles exigences.

 

Les travailleurs surqualifiés

 

Le personnel surqualifié n’est pas épargné non plus par le phénomène d’obsolescence des compétences. En effet, les compétences non utilisées sont souvent oubliées, et les occasions de les rafraîchir ou d’en acquérir de nouvelles sont faibles. La concurrence sur le marché du travail est un autre élément à prendre en compte : quand la concurrence est forte, les travailleurs les plus qualifiés qui acceptent des emplois de niveau inférieur perdent leurs savoirs et leurs compétences.

 

 

Les facteurs qui favorisent l’obsolescence des compétences

 

L’étude du CEDEFOP sur la prévention de l’obsolescence des compétences révèle que ce phénomène est plus élevé dans les entreprises qui ne favorisent pas le développement des compétences. Autre contexte favorable à l’obsolescence des compétences : lorsque les salariés n’utilisent pas l’ensemble de leurs compétences à leur poste. Cette inadéquation des compétences avec le poste occupé a un impact sur la productivité des entreprises autant que sur le bien-être des collaborateurs.

 

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Anticipation, le maître-mot pour lutter contre l’obsolescence des compétences ?

 

Automatisation des tâches, intelligence artificielle, la technologie bouleverse le marché du travail. Comment anticiper ces changements pour résister à l’obsolescence des compétences ?

 

Anticiper les besoins de l’entreprise

 

En 2017, DELL publiait un rapport selon lequel 85 % des métiers de 2030 n’existaient pas encore aujourd’hui. L’essor des nouvelles technologies, de l’automatisation ou encore de l’intelligence artificielle bouleverse le monde du travail. L’évolution des métiers est en cours, et le rythme de cette transformation ne tend pas à ralentir. Certains postes évoluent, d’autres disparaissent inéluctablement. Forts de ce constat, les managers, les ressources humaines et les dirigeants doivent accompagner leurs équipes et clients dans cette transformation.

 

Prévoir les besoins en formation

 

Aujourd’hui, on estime à trois ans (seulement) la durée de vie d’une compétence en entreprise. L’OCDE atteste même que les compétences technologiques deviennent obsolètes entre 12 et 18 mois après leur acquisition. C’est pourquoi il est nécessaire d’anticiper l’évolution des métiers, et donc des besoins en formation. Il appartient aujourd’hui aux ressources humaines et aux managers de dresser une cartographie des compétences afin de proposer des formations appropriées. Selon le CEDEFOP, formation et apprentissage en milieu de travail semblent être les remparts les plus efficaces face à l’obsolescence des compétences.

 

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Adapter les formations dès l’école

 

Le contexte économique et technologique a modifié notre vision de la carrière professionnelle. Le schéma traditionnel formation scolaire-travail-retraite est dépassé. Pour lutter contre l’obsolescence des compétences, il faut continuer à se former tout au long de sa carrière. Notre cycle d’étude doit non seulement nous former à un métier, mais nous apprendre également à nous adapter aux évolutions de nos postes, et développer ainsi nos capacités à changer de métier. L’attitude des collaborateurs est elle aussi déterminante. Ils devront accepter d’apprendre à tout âge. Enfin, notons également que la capacité de formation d’une entreprise est aujourd’hui un argument fort pour attirer de nouveaux talents, notamment chez les générations Y et Z. C’est le signe, pour eux, d’une entreprise qui voit loin, et qui dispose d’un véritable projet pour eux.

 

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Crédits illustration : https://www.istockphoto.com/fr/portfolio/maksimyremenko