19.10.2020

Blog

Boostrs

Revenir en arrière

La formation face à l’automatisation des compétences

L’automatisation des compétences a un impact notable sur les entreprises et leur fonctionnement. Elle contribue à faire évoluer les métiers, et fait ainsi émerger des réflexions quant à l’importance de la formation, qui semble aujourd’hui indispensable à la pérennité des entreprises. Zoom sur ce phénomène.

 

 

Qu’est-ce que l’automatisation des compétences ?

 

Portés par l’intelligence artificielle, les machines et algorithmes voient leurs capacités évoluer de manière remarquable. Au fil des années, ils prennent en charge de plus en plus de tâches simples et répétitives auparavant confiées à l’Homme.

 

À l’heure actuelle, on estime que 61 % des compétences sont automatisables et que la durée de vie moyenne d’une compétence est de 5 ans. Dans les années à venir, de nombreux travailleurs verront ainsi une partie de leurs compétences — voire pour certains leur quasi-totalité – devenir obsolètes. Anticiper l’automatisation et ses conséquences sur les métiers devient donc un véritable enjeu au sein des entreprises.

« Aujourd’hui, 61 % des compétences sont automatisables. »

À lire aussi : Qu’est-ce que l’automatisation des métiers ?

 

 

Pourquoi est-il essentiel de se former ?

 

La montée en puissance de l’automatisation offre aux entreprises l’opportunité d’évoluer et, dans certains cas, de renforcer leur compétitivité sur leur marché. Toutefois, le recours aux solutions automatisées n’est pas sans conséquence, et implique également des adaptations en matière d’organisation.

 

Face à son influence sur la pérennité de certaines compétences, voire de certains métiers, l’automatisation peut être perçue comme une menace. Certains leviers peuvent être actionnés pour en limiter les effets négatifs. La formation est le plus efficace. Plus précisément, il devient nécessaire pour les collaborateurs d’acquérir dès aujourd’hui de nouvelles compétences que les machines ne sont pas en mesure de remplacer à moyen terme.

 

Sur quelles compétences se former ?

 

En pratique, les efforts de formation sont à focaliser sur les hard skills et les soft skills que les machines ne peuvent pas remplacer.

 

  • Les hard skills

 

Les hard skills, ou compétences techniques, correspondent à des savoir-faire. Elles sont fréquemment rattachées à un métier ou un domaine particulier et sont généralement acquises au fil des expériences professionnelles. Les diplômes permettent par ailleurs de valider l’acquisition de hard skills spécifiques.

 

Dans un contexte d’automatisation des compétences, il est indispensable de développer des compétences techniques de haut niveau et de favoriser l’émergence de profils d’experts. La possession de ce type de compétences constitue un facteur de différenciation pour les collaborateurs comme pour les entreprises.

 

  • Les soft skills

 

Les soft skills désignent des qualités interpersonnelles, des compétences relationnelles et des attributs personnels. Elles ne sont pas rattachées à un métier ou à un domaine particulier, elles sont généralement transversales. Parmi elles, les softs skills liées à l’information et à l’apport de conseils aux clients sont vouées à prendre de l’ampleur avec le développement de l’automatisation.

 

Quelques exemples concrets

 

Dans notre étude « Automatisation et Future of Work : quel avenir pour les métiers et les compétences ? », nous nous sommes intéressés aux répercussions de l’automatisation des compétences et aux besoins en formation dans trois secteurs d’activité.

 

  • Le commerce de détail

 

Parmi les métiers du commerce de détail, celui de caissier fait partie de ceux qui ont le plus de défis à relever. Il présente un risque d’automatisation supérieur à 80 %. Face au recours de plus en plus récurrent aux caisses automatiques, le nombre de caissiers en point de vente diminue. La digitalisation et l’autonomisation croissante du commerce de détail devraient continuer d’accentuer cette tendance dans les années à venir. À moyen terme, il devient nécessaire de focaliser les efforts de formation sur l’assistance aux clients et la maintenance du matériel.

 

  • Le secteur de l’automobile

 

Le secteur automobile a déjà connu de grandes transformations liées à l’automatisation et la robotisation, notamment pour les chaînes de production. L’un des métiers les plus stables du secteur est celui d’ingénieur automobile. Pourtant, il subit lui aussi d’importantes transformations depuis quelques années.

 

Certaines dimensions émergentes du métier sont celles de l’Internet des objets et de l’analyse de données. Des champs stratégiques sur lesquels les collaborateurs devront continuer à monter en compétences dans les années à venir pour rester compétitifs et maintenir leur employabilité.

 

  • Le secteur de la finance

 

Parmi les professionnels du secteur financier, les conseillers bancaires voient également leur métier se transformer. L’émergence d’assistants intelligents et l’automatisation de certaines tâches chronophages a fait évoluer leur profession vers davantage de conseil et de relationnel client. Le développement de leurs capacités communicationnelles et de leur aptitude à conseiller devient déterminant.

 

 

Quels sont les besoins globaux en matière de formation face à l’automatisation ?

 

La formation est la voie incontournable pour faire face à l’automatisation des compétences de manière efficace. Toutefois, des changements sont à prévoir. En effet, à l’heure actuelle, 25 millions de formations sont dispensées chaque année. Cependant, une grande partie d’entre elles sont obligatoires (prévention, hygiène, sécurité, etc.) et concernent les profils peu voire pas qualifiés. L’acquisition de nouvelles compétences n’est souvent pas priorisée.

 

En parallèle, on estime que le besoin de formations en vue de requalifier les employés est d’environ 100 millions. Côté entreprises, il est donc essentiel :

 

  • D’augmenter le volume annuel de formations liées à l’acquisition de compétences ;
  • De prioriser les besoins en formations pour les salariés les plus touchés par le risque d’automatisation ;
  • De faire le nécessaire pour réduire les délais d’accès aux formations ;
  • D’intégrer de véritables temps de formation sur l’année.

 

De fait, avec l’automatisation des métiers et compétences, le secteur de la formation est lui aussi voué à évoluer afin de faire face aux besoins des entreprises.

 

 

À lire aussi : L’automatisation des métiers : quel impact dans les années à venir ?

« AUTOMATISATION ET FUTURE OF WORK : QUEL AVENIR POUR LES MÉTIERS ET LES COMPÉTENCES ? »

DÉCOUVREZ NOTRE ÉTUDE

Crédits illustration : https://www.istockphoto.com/fr/portfolio/liravega