09.06.2020

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La pyramide des âges, outil de pilotage pour les RH

La pyramide des âges est un outil de gestion des compétences qui permet le pilotage des ressources humaines. Indicateur précieux, elle renseigne sur la structure de la population d’une entreprise et sur les atouts que cette population représente. Comment interpréter une pyramide des âges et comment se servir de ces données dans le cadre d’un projet de GPEC ?

 

 

Qu’est-ce qu’une pyramide des âges ?

 

La pyramide des âges en entreprise est une représentation graphique qui permet d’observer la répartition par âge et par sexe des effectifs. Elle représente l’image des collaborateurs d’une entreprise à un instant T. Le graphique se construit de part et d’autre d’un axe vertical représentant l’âge. Plus on monte, plus l’âge est élevé. À gauche de cet axe sont représentés les hommes, et à droite les femmes. L’axe horizontal représente quant à lui les effectifs pour chaque tranche d’âge.

 

 

Comment interpréter une pyramide des âges ?

 

Selon la structure des entreprises, cette pyramide des âges peut prendre plusieurs formes. Quatre grandes tendances se dégagent concernant la forme de la pyramide des âges.

 

→  Champignon

 

La pyramide des âges en forme de champignon révèle un âge moyen élevé au sein de l’entreprise. On peut attribuer cela à une embauche massive sur une courte période. Cette forme de champignon est synonyme de solides compétences reposant entre les mains de salariés expérimentés. Cela implique donc également une masse salariale importante, et dans certains cas une moindre capacité d’adaptation. En outre, les départs en retraite simultanés peuvent aussi entraîner un risque de perte du savoir-faire brutal pour l’entreprise. Identifier cette situation permet donc d’agir en amont afin de permettre la transmission des compétences.

 

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→ Toupie

 

Une pyramide des âges en forme de toupie est le signe d’une entreprise qui a massivement embauché pour des raisons conjoncturelles (développement rapide, croissance du marché, aubaine fiscale…). La situation des catégories de salariés des tranches d’âges les plus nombreuses peut alors se révéler délicate si l’effectif visé doit rester le même. À long terme, si le départ rapide des tranches les plus nombreuses permet l’embauche de jeunes salariés, il cause aussi une perte de compétences et de savoir-faire. Cette forme permet aussi de disposer de salariés en surnombre et de pouvoir construire une politique de carrière.

 

→ Poire écrasée

 

Cette forme correspond à une entreprise ayant cessé de recruter pendant de longues années. Le risque de perte de compétences est important. La jeunesse des effectifs peut conduire à des difficultés de production ou de renouvellement des connaissances en matière technologique dans les industries de hautes technologies par exemple. Si cela permet d’alléger la masse salariale, des formations sont en revanche nécessaires.

 

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→ Pelote de laine, sablier ou violon

 

Cette forme de pyramide des âges correspond à une évolution possible de la « poire écrasée ». Elle traduit une stratégie de lutte contre le déséquilibre à l’aide d’embauches massives. Bien que la moyenne d’âge soit ainsi rééquilibrée, les arrivées de nombreux salariés jeunes entraînent néanmoins un risque de pénurie dans l’encadrement intermédiaire. Outre un problème d’encadrement possible, cela peut aussi générer des conflits intergénérationnels.

 

→ Cylindre

 

Cette forme illustre une stratégie d’embauche régulière, favorisant un équilibre entre les classes d’âges. Elle permet de définir une progression dans la carrière de chacun, et de réguler les flux d’entrée et de sortie.

 

 

Pyramide des âges et GPEC

 

La pyramide des âges est un outil de gestion des ressources humaines. Elle permet de prévoir notamment les départs à la retraite et donc d’anticiper les besoins en matière de transfert des compétences. Mais elle peut aussi être un outil de pilotage de la politique des rémunérations. En considérant que le vieillissement du personnel s’accompagne d’une hausse des rémunérations en raison de l’ancienneté, une politique de départ des salariés les plus âgés aura pour conséquence une réduction de la masse salariale. La pyramide des âges est ainsi devenue un outil dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences.

 

→ Attention au mauvais usage de la pyramide des âges

 

Pour certains responsables des ressources humaines, l’âge devient ­— consciemment ou inconsciemment ­— un critère d’intégration ou d’exclusion dans le processus de gestion. On stigmatise les salariés âgés devenus moins performants, inadaptés aux conditions de production, avec des capacités individuelles réduites. Or, les salariés les plus âgés ne sont pas les moins compétents. Ils représentent au contraire un énorme capital de compétences et de savoir-faire au sein d’une entreprise. Dans le cadre de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, mieux vaut donc privilégier le critère des compétences à celui de l’âge. Une GPEC cohérente déterminera donc les compétences indispensables à l’entreprise et assurera le transfert de compétences entre les salariés les plus anciens et les plus jeunes éléments.

 

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