06.01.2021

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L’automatisation des métiers : théorie du déversement et évolution des compétences

L’automatisation du travail est un sujet au cœur de l’actualité. Sans cesse plus performante, l’intelligence artificielle fascine tout en suscitant la crainte de suppressions d’emplois. Qu’est-ce que l’automatisation du travail et quels sont les réels impacts qu’elle peut avoir sur l’évolution des métiers et des compétences ?

 

 

Automatisation des métiers : de quoi parle-t-on ?

 

La notion d’automatisation des métiers, étroitement liée à la robotisation et à l’intelligence artificielle (IA), se définit par l’exécution totale ou partielle de tâches techniques par des machines capables de fonctionner seules, sans intervention humaine. L’automatisation renvoie donc à l’image de machines intelligentes, conçues et programmées par l’Homme pour réaliser des tâches à sa place.

 

L’automatisation des métiers n’est pas un phénomène nouveau, mais le rythme auquel elle se produit actuellement est sans précédent. Si la machine à vapeur et l’électricité ont bouleversé nos vies, ces révolutions technologiques n’ont été que les prémices de notre évolution. Depuis le milieu des années 2000, plusieurs facteurs combinés ont permis un progrès exponentiel de l’automatisation par l’intelligence artificielle :

 

  • les capacités de calcul, tant en termes de puissance de traitement des données que de capacités de stockage ;
  • les algorithmes puissants mis à la disposition du grand public ;
  • l’exploitation d’immenses quantités de données numériques par les ordinateurs.

 

À lire aussi : Qu’est-ce que l’automatisation des métiers ?

« Les entreprises prévoient d’ici 2022 la disparition de 984 000 emplois, compensée par la création de 1,74 million de postes. »

Automatisation ne veut pas dire « disparition des emplois »

 

La crainte de voir la machine prendre la place de l’Homme est omniprésente. Beaucoup redoutent que le métier de caissier disparaisse complètement au profit des caisses automatiques, que les guichets de gare ferment pour être remplacés par des machines, que le personnel des gares de péage s’efface définitivement au profit des automates sur les autoroutes, etc.

 

Le Forum économique mondial précise que d’ici 2025, plus de la moitié des tâches réalisées actuellement sur le lieu de travail seront opérées par des machines, contre 29 % actuellement. L’impact sur la main d’œuvre mondiale sera très important, mais pas forcément négatif. En effet, les perspectives sont même positives puisque ce ne sont pas moins de 133 millions de nouveaux emplois qui devraient voir le jour grâce aux avancées technologiques, alors que 75 millions de ces emplois seront déplacés.

 

Le Forum économique mondial précise également que si la moitié des entreprises prévoient une diminution de leur effectif à temps plein du fait de l’automatisation du travail, 40 % s’attendent à une augmentation de leur effectif et 25 % à la création de nouveaux emplois. On parle alors de déversement de l’emploi de certaines activités vers d’autres.

 

Dans l’industrie automobile, par exemple, l’avènement des imprimantes 3D et des systèmes informatiques s’est accompagné d’une réduction du nombre d’employés dans les usines automobiles. Mais si les effectifs de la chaîne de production ont été réduits d’un côté, dans le même temps cette technologie a permis de créer d’autres emplois, du côté des ingénieurs automobiles cette fois. En effet, l’assistance informatique permet aujourd’hui de réaliser de la conception par ordinateur, les logiciels permettent de réaliser des simulations de scénarios très complexes, et les données des véhicules permettent la mise en place de systèmes de sécurité toujours plus efficaces.

 

À lire aussi : L’automatisation des métiers : quel impact dans les années à venir ?

 

 

L’automatisation des métiers : un vecteur de développement des compétences ?

 

Grâce à l’automatisation, les tâches simples et répétitives, peuvent être accomplies par des machines et des algorithmes. À l’inverse, dans le cas de certaines tâches plus caractéristiques des humains, faisant appel à la créativité, l’intelligence sociale ou encore aux interactions complexes, l’Homme va conserver un rôle prédominant. L’automatisation laisse alors entrevoir la possibilité de se concentrer sur les tâches plus novatrices, moins monotones, favorisant ainsi l’émancipation. Mais pour y parvenir, les collaborateurs doivent acquérir de nouvelles compétences. Les ressources humaines ont alors un rôle prépondérant à jouer.

 

L’anticipation des évolutions des métiers doit permettre de combler au plus vite le décalage de compétences en proposant des formations. L’entreprise doit miser sur le capital humain en favorisant la formation des collaborateurs. Les nouveaux programmes d’acquisition de compétences sont le seul moyen de garantir aux employés des niveaux continus de productivité et d’épanouissement. Or, le volume actuel d’actions de formations professionnelles semble insuffisant pour transmettre le niveau de compétences nécessaire. Avec la faible durée de vie des compétences, actuellement estimée à 5 ans, il est plus important que jamais pour les entreprises de cibler les salariés occupant des emplois pour lesquels le risque d’automatisation est élevé.

 

À lire aussi : La formation face à l’automatisation des compétences

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Crédits illustration : https://www.istockphoto.com/fr/portfolio/sabelskaya