05.05.2021

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Reskilling : une priorité stratégique face à l’automatisation des tâches

Les changements engendrés par la crise de la Covid-19 au sein des entreprises n’en sont qu’à leur début. La transformation numérique et l’automatisation des tâches poussent les entreprises à investir dans la formation, et plus précisément dans le reskilling. De quoi s’agit-il ? Quels sont les enjeux de cette démarche ? Focus sur ce dispositif de gestion de compétences amené à devenir une priorité stratégique pour les entreprises.

 

 

L’émergence de nouveaux métiers face à l’automatisation des tâches

 

Depuis la crise sanitaire et notamment la généralisation du télétravail, les entreprises sont appelées à prendre le pas de la transformation digitale afin de s’adapter au mieux aux changements profonds qui redessinent le paysage économique. En termes d’emplois, de nouvelles professions voient le jour, tandis que d’autres se transforment.

 

D’après un rapport du cabinet de conseil McKinsey sur le futur du travail en Europe, 60 % des métiers devraient voir 30 à 40 % de leurs tâches quotidiennes être automatisées d’ici 2030. Cela entraînerait la nécessité d’acquérir de nouvelles compétences, voire de changer de métier, pour environ 800 millions de collaborateurs.

 

Dans ce contexte d’automatisation massive des tâches, l’enjeu majeur des entreprises est de maintenir l’employabilité de leurs équipes, en passant notamment par la formation. Toutefois, pour rester compétitives et ne pas finir à bout de souffle au bout de quelques années, les entreprises ne peuvent pas se contenter de mettre à niveau les compétences des collaborateurs. Elles doivent avant tout leur en apporter de nouvelles, afin de les former à de nouveaux métiers. Pour cela, le reskilling est devenu une pratique incontournable pour toute organisation attentive à la gestion de son capital humain pour demain.

 

À écouter aussi : [Podcast] Objectif Future of Work – « Quels métiers exerceront vos enfants ? » avec Isabelle Rouhan

« 82 % des chefs d’entreprises dont les revenus sont supérieurs à 100 millions de dollars par an estiment que le reskilling de leurs équipes devrait compter pour moitié dans les réponses qu’ils envisagent pour combler le manque de compétences clés dans certains secteurs. »

Le reskilling, une pratique clé face à la pénurie de compétences

 

La quatrième révolution industrielle étant en pleine accélération, de nombreuses entreprises ne trouvent pas de candidats pour leurs nouveaux besoins. Face à cette pénurie de compétences, la principale réponse ne se trouve pas dans la formation continue, mais plutôt dans la requalification des talents présents dans les organisations, à travers une démarche de reskilling. En effet, selon le cabinet américain McKinsey, 82 % des chefs d’entreprises dont les revenus sont supérieurs à 100 millions de dollars par an estiment que le reskilling de leurs équipes devrait compter pour moitié dans les réponses qu’ils envisagent pour combler le manque de compétences clés dans certains secteurs.

 

Qu’est-ce que le reskilling ?

 

Le reskilling se définit comme un processus de formation poussé, permettant aux collaborateurs de renouveler leurs compétences. Il s’agit d’une démarche de requalification ou de reconversion, dans le cadre de laquelle le collaborateur est formé pour exercer un nouveau métier. Cette notion est à distinguer de l’upskilling, qui se traduit par une montée en compétences dans la continuité de l’exercice d’un même métier.

 

Le reskilling des équipes répond à deux enjeux principaux pour les entreprises. D’une part, il leur permet de conserver leur capital humain, tout en optimisant la compétitivité ce dernier. D’autre part, ce type de formation, s’il est bien orienté, est adapté à une stratégie de croissance sur le long terme.

 

En effet, pour un reskilling efficace, les entreprises ont tout intérêt à se focaliser en priorité sur le développement des soft skills de leurs collaborateurs, notamment la capacité d’apprentissage, la coopération, la curiosité ou encore l’agilité. En d’autres termes, un processus de reskilling ne consiste pas à requalifier massivement des collaborateurs en experts en intelligence artificielle, ou à les former sur des compétences techniques qui répondent à des besoins immédiats, au risque de voir la démarche rapidement obsolète et inefficace.

 

L’urgence, pour les entreprises, est plutôt de développer le potentiel comportemental des collaborateurs, notamment leur capacité et leur volonté à apprendre constamment. Cette démarche leur permettra de disposer d’une équipe flexible et agile, capable de se réinventer à tout moment et de faire face, notamment, à l’obsolescence de certaines compétences liée à l’automatisation des tâches.

 

Le rôle de la data pour un reskilling efficace

 

L’évaluation des soft skills des collaborateurs ne devrait pas reposer uniquement sur une intuition, souvent biaisée inconsciemment par des facteurs divers. Pour une démarche de reskilling réussie, il est préférable d’adopter une approche orientée par la data, afin d’évaluer ces compétences de façon objective, et de piloter les décisions stratégiques sur la base de données concrètes.

 

Les référentiels et cartographies de compétences sont d’une grande aide pour appuyer une démarche de reskilling. Ils permettent en effet de s’assurer que les équipes disposent de « savoir-être » pertinents pour faire face aux changements, mais aussi d’identifier les collaborateurs qui peuvent bénéficier de cette démarche de requalification en priorité compte tenu de l’impact de l’automatisation sur leur métier.

 

En pensant la formation sur le long terme en développant les soft skills des collaborateurs, la démarche de reskilling permet d’apporter un autre éclairage sur la gestion des compétences et du capital humain pour demain : passant d’une économie de l’hyper productivité, à l’économie de l’hyper résilience.

 

 

À lire aussi : Upskilling, reskilling, cross-skilling : de quoi s’agit-il ?

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Crédits illustration : https://www.istockphoto.com/fr/portfolio/grivina